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La « République des copains » offre une victoire inespérée aux nationalistes corses.

septembre 4th, 2008
Non malheureusement ce n’est pas un gag des Bronzés.

Quand la villa d’un « copain », en l’occurrence Christian Clavier, est envahie (sans violence, ni dégradation) par des nationalistes corses, on ne badine pas. Le responsable de la police sur l’île est alors démis de ses fonctions dans l’instant par le président de la République - ou plus exactement par son ministre de l’Intérieur à qui est confiée la sale besogne.

Qu’importe que les chiffres de la violence baissent depuis l’arrivée en poste de ce haut fonctionnaire très bien noté, un « grand flic » de l’aveu même de la profession unanimement choquée par cette destitution capricieuse. Le fait du prince passe avant le sens de l’Etat !

Qu’importe aussi que des dizaines de villas de citoyens anonymes aient été plastiquées sans que les plus hautes autorités de l’Etat s’en émeuvent le moins du monde. Dès lors qu’il s’agit des puissants et des proches amis, le deux poids deux mesures devient licite pour ne pas dire moral. A cet égard, la justification de l’UMP, arguant que tout citoyen, fût-il un comédien vedette, a droit à la même protection de la part des forces de l’ordre, bat tous les records de la mauvaise foi et de l’indécence. Ce n’est bien entendu pas cela qui est en cause mais, à l’inverse, un traitement « classe affaire » dès lors qu’il s’agit d’un proche du pouvoir.

Qu’importe enfin - et c’est sans doute là le plus grave - que le flop médiatique des nationalistes (grâce, précisément, à la gestion intelligente par M. Rossi de cette intrusion) ait été transformé à cause de l’intervention présidentielle en une victoire éclatante pour les amis de Monsieur Talamoni ! Si l’Elysée avait voulu offrir un sacré coup de pub aux nationalistes corses, il ne s’y serait pas pris autrement. Désormais, pour se débarrasser d’un préfet ou d’un coordonnateur de la sécurité sur l’Ile de beauté, ces derniers sauront comment s’y prendre : investir la villa de tel ou tel « ami » et jeter un coq en plâtre au fond de la piscine de la résidence ! Les forces de l’ordre n’auront plus le choix : il leur faudra désormais assurer une bonne garde devant ces résidences de la plus haute importance pour la sûreté de l’Etat, quitte à dégarnir les endroits de moindre importance (préfectures, gendarmeries, perceptions, etc.) !

Mais trêve de – mauvaise – plaisanterie ! Le malaise d’aujourd’hui tient au fait que celui qui est censé montrer l’exemple, s’affranchit de toutes les règles. Certains de ses prédécesseurs s’efforçaient, à tout le moins, de préserver les formes. Nicolas Sarkozy, lui, a décidé de cultiver avec ostentation son bon plaisir.

Au diable, donc, le respect de la parole donnée, la cohérence des décisions, la morale de l’action, la dignité du comportement et de la fonction… « j’ai été élu, je fais ce que je veux quand je veux et comme je veux ! » semble dire aux Français leur Président.

Mais connaît-il vraiment l’âme du pays ? Se rend-il compte que le silence passif du peuple français annonce souvent de grandes colères populaires ? Croit-il sincèrement que nos concitoyens, qui ne sont pas dupes, vont supporter encore longtemps de le voir jouer ainsi, à sa guise, avec les institutions de la République, avec l’Etat, avec les médias, et même avec la vie de nos soldats… bref avec une chose publique, une Res Publica qui, par définition, n’est pas une chose privée ?

Préparons vite l’alternative !

Pour une Europe que nous choisirons

septembre 1st, 2008

Debout la République lance une souscription nationale afin de pouvoir présenter dans toute la France des listes républicaines de large rassemblement aux élections européennes de juin 2009.

Euro cher, délocalisations, concurrence déloyale, régression sociale, soumission aux Etats-Unis, mépris du suffrage universel… l’échec des partisans de la supranationalité est flagrant et sans appel.

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Seul un projet véritablement Républicain pourra changer l’Europe et bâtir une union durable et légitime entre ses membres. C’est là, tout le sens de notre combat.

Les élections européennes sont le rendez-vous que nous ne pouvons pas manquer. Aidez-nous en participant à cette souscription nationale afin de bâtir l’Europe tant attendue par les peuples : une Europe confédérale, démocratique, indépendante et qui protège ses citoyens, non les intérêts d’une caste de nantis.

Il est encore temps de sauver la belle idée européenne.

Alors arrêtons de subir et reprenons notre destin en main ! Aidez Debout La République à changer d’Europe !

Afghanistan : la France ne doit pas s’enliser dans un bourbier sanglant

août 20th, 2008

Afghanistan : changer de stratégie ou se retirer

La mort de dix de nos soldats en Afghanistan appelle le recueillement et le respect. Chaque Français ne peut que se sentir solidaire des familles endeuillées, à qui je souhaite adresser mes plus sincères condoléances.

Ce drame démontre que les mises en garde exprimées lors du débat de censure par les opposants à un engagement de troupes françaises supplémentaires dans ce pays, étaient hélas fondées.

La stratégie conduite par les Etats-Unis, dont nous ne sommes que les supplétifs, mène à un bourbier sans issue. La France doit obtenir le changement radical de cette stratégie, comme elle l’avait timidement demandé en marge du sommet de Bucarest, ou alors retirer ses troupes.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député non-inscrit de l’Essonne
Président de Debout la République

Retrouvez des interventions de NDA lors du débat sur la motion de censure, en avril dernier :

- http://www.ndatv.info/article-74-motion-de-censure-intervention-de-nda-sur-le-site-lemondefr.html

- http://blog.nicolasdupontaignan.fr/index.php/2008/03/28/210-escalade-militaire-en-afghanistan

Dérapage des tarifs autoroutiers : NDA demande un gel et une enquête parlementaire

août 14th, 2008

Autoroutes, assez du racket !

La privatisation malencontreuse des sociétés d’exploitation d’autoroutes, en 2006, pour des montants relativement modestes, avait rencontré l’opposition de 7 Français sur 10 et suscité nombre d’oppositions au Parlement, dont la mienne.

Outre le risque de graves sous-investissements dans les infrastructures existantes et à créer, le principal danger était bien entendu le dérapage des tarifs au détriment des usagers et au profit des seuls actionnaires.

Ce qui devait arriver est arrivé, ainsi que l’a sévèrement pointé la Cour des comptes il y a quelques mois, dans un rapport sans ambiguïté aucune : « L’Etat a mal assuré la protection des consommateurs face aux nouvelles sociétés privées concessionnaires. […] Les défauts et l’opacité de mécanismes d’une grande complexité ont permis des niveaux de recettes supérieurs aux tarifs moyens affichés et des augmentations dépassant les hausses autorisées. »

Les automobilistes français, qui ont pour la première fois limité cette année leurs déplacements sur autoroutes, sont tout à fait conscients de cette sorte de racket qui les révolte bien légitimement.

C’est pourquoi je demande au gouvernement qu’il décrète le gel d’un an des tarifs des péages autoroutiers, le temps qu’une Commission d’enquête parlementaire, dont je sollicite auprès du président de l’Assemblée nationale la création dans un courrier ci-joint, puisse faire toute la lumière sur ces scandaleux dérapages

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Ossétie : il faut d’urgence un plan de paix vraiment équilibré

août 12th, 2008

Ossétie : il faut d’urgence un plan de paix vraiment équilibré

Plutôt que de s’employer à trouver un consensus très improbable à 27 sur la situation dans le Caucase du sud, le président de la République pourrait prendre l’initiative d’un plan de paix équilibré en y associant l’Allemagne et l’Italie, deux pays qui comme la France ont une vision raisonnable de la place de la Russie en Europe.

Ce plan équilibré comprendrait les points suivants :

- l’évacuation complète des troupes géorgiennes des provinces séparatistes ;

- la cessation immédiate des hostilités de la part de la Russie ;

- l’engagement que la Géorgie n’adhérera pas à l’OTAN ni à l’UE ;

- à moyen terme, la neutralisation des pays riverains de la Fédération de Russie (Ukraine, Biélorussie, Géorgie, pays d’Asie centrale), seule politique à même d’apaiser durablement les craintes légitimes de la Russie vis-à-vis de stratégies d’influence extérieures dans son aire historique.

Ainsi, il n’est que temps pour l’Europe de se désolidariser de la politique de grignotage que mène méthodiquement Washington depuis la chute de l’URSS, en vue d’encercler et d’affaiblir la Russie, puissance nécessaire à la prospérité de l’Europe et à l’équilibre international.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député gaulliste de l’Essonne
Président de Debout la République

Soljenitsyne, conscience du XXème siècle, oracle du XXIème ?

août 7th, 2008

Avec la disparition de Soljenitsyne, c’est toute une époque du XXème siècle qui s’achève. Une époque à la fois lointaine pour les jeunes générations qui ne connaissent la Guerre froide que dans les livres, et proches pour celles, auxquelles j’appartiens, qui ont été contemporaines des bouleversements de la fin des années 1980.

Je n’oublierai pas de sitôt la lecture du « Premier cercle », le livre de Soljenitsyne qui m’a le plus marqué. Je n’oublierai pas non plus le courage héroïque de tous ces dissidents qui, en Russie, Pologne, Tchécoslovaquie, etc. défiaient pour ainsi dire à mains nues, avec leurs seuls mots et leur intransigeance, un système de fer communiste capable, en un clin, d’œil de les exiler, les emprisonner ou pire encore.

Quelle plus belle illustration que les combats justes, même portés par des individus isolés, peuvent parfois l’emporter à force de ténacité ? Soljenitsyne était convaincu que l’URSS s’effondrerait de son vivant. Ainsi que de Gaulle, il en pressentait la chute car comme lui, il voyait loin et haut, comme lui, il ne négligeait pas les forces profondes de l’histoire si souvent ignorées de nos jours. « Le communisme passera, la France ne passera pas » affirmait le Général dans les années 60, sous les sarcasmes des « sachant » de l’époque et autres soviétologues patentés…

Soljenitsyne a puisé les ressorts de son œuvre et de son combat contre l’oppression dans un attachement quasi charnel à son pays, la Russie, dont il connaissait l’histoire sur le bout des doigts, au point d’en incarner l’âme. Il avait compris, mieux que quiconque, que la force spirituelle de ce grand pays lui permettrait de surmonter un communisme barbare, nouvelle épreuve après tant d’autres, depuis les invasions tatares jusqu’à la sauvage agression hitlérienne.

Aujourd’hui, beaucoup s’interrogent sur les dernières années de sa vie, sur certaines de ses prises de positions (parfois discutables), et plus encore sur ses bonnes relations avec les nouveaux maîtres du Kremlin, malgré leur passé de hiérarques soviétiques. Sur le dernier point, le paradoxe n’est qu’apparent car, justement, des hommes comme Vladimir Poutine (à l’inverse de Boris Eltsine) incarnent cette continuité de la Russie et de son Etat fort, ce souci de l’indépendance et de la dignité nationales.

A cet égard, la disparition de Soljenitsyne est l’occasion de se pencher sur les malentendus entre l’Europe - et plus particulièrement entre la France - et la Russie : il est triste de voir combien la France d’aujourd’hui néglige sa relation bilatérale avec Moscou, qui aurait pourtant vocation à devenir une alliance géostratégique. La Russie n’est plus un ennemi, elle est redevenue la salutaire puissance d’équilibre qui, avec quelques autres pays, empêchent l’émergence d’un monde dominé par une seule superpuissance.

Inventer cette relation nouvelle et riche de très nombreuses promesses, obligerait en réalité la France à repenser son rôle international qui ne devrait plus être uniquement communautaire. La normalisation euro-atlantique de notre pays par le truchement d’une Union européenne fédéraliste, post-nationale et otanienne, d’une Europe qui bouche notre horizon mondial, participe grandement à l’affadissement - pour ne pas dire au déclin - du génie national. Mais n’était-ce pas là, d’ailleurs, l’une des manifestations de la critique adressée par Soljenitsyne à un Occident affaissé dans un matérialisme sans foi ni âme ?

Debout la Belgique française !

août 4th, 2008

Le Figaro

Les quatre devoirs de la Belgique française

01/08/2008 Par Daniel Ducarme, ministre d’État belge, député de Bruxelles.

Près de la moitié des Wallons 49 % sont favorables à une association avec la France. 60 % de Français sont ouverts au rattachement francophone belge. Ces chiffres d’un sondage Ipsos claquent comme un coup de tonnerre estival. C’est une tendance lourde dans l’opinion. Elle oblige à la réponse politique. Personne se sait exactement de quoi demain sera fait. Mais une certitude s’impose : rien ne sera plus comme avant. L’opinion francophone vient en boomerang aux excès flamands. Une année s’est écoulée depuis les dernières élections fédérales belges. Au Parlement, la Flandre a usé de la loi du nombre contre les francophones. Refusant la nomination de maires démocratiquement élus, elle bafoue les règles du droit électoral. Les exigences linguistiques en périphérie bruxelloise sont des intransigeances sectaires. Dans tous les dossiers, la Flandre jette aux orties la « loyauté fédérale ». Les francophones prennent acte du rejet flamand. Ils refusent de se laisser gifler plus encore. Avec sérénité, ils décident de dépasser les interdits, les a priori, les tabous. Décomplexés, ils relèvent le gant pour prendre leur destin à bras le cœur. Une page est tournée. La feuille blanche est à écrire. Quatre devoirs attendent les francophones de Belgique : la clarté, la solidarité, l’effort, l’anticipation. La clarté est un impératif pour affirmer notre identité, en utilisant les mots justes. Prénom : Belgique. Nous sommes de Belgique comme d’autres sont de Normandie, d’Avignon, de Picardie, de Provence, de Bretagne ou de Polynésie. Nom : française. Mieux que d’expression francophone, nous sommes de culture française, avec nos valeurs, la primauté du droit des personnes, une certaine idée du rôle et des missions de l’État. Nous sommes la Belgique française, que ce soit dans une confédération « à la belge », en entité institutionnelle indépendante ou en association avec la France. La solidarité est un devoir pour tous les francophones de Belgique. Elle concerne les Wallons et les Bruxellois, a fortiori les francophones de la périphérie bruxelloise. L’identité de Belgique française vaut pour tous les francophones. Peu importe les oukases flamands, l’absolue fermeté est nécessaire. C’est un choix éthique, avec le grand Bruxelles en métropole. Avec dynamisme collectif et responsabilité individuelle, l’effort s’impose pour assumer les politiques à mettre en œuvre ; tant pour l’économie, la solidarité sociale, l’enseignement et la culture que les dépenses publiques, la justice ou l’ordre public. La liberté vient toujours en lettres d’efforts. L’émancipation a ses parts de joies et de contraintes, de plaisirs et de douleurs. Une loi organique instituant la Belgique française ne suffira pas. Des réformes radicales sont incontournables pour conduire une politique réformatrice. Le devoir d’anticipation est le plus délicat. L’accueil des Français est de plus en plus ouvert. Il accrédite le partage d’une citoyenneté commune dans l’espace de francophonie internationale. Il vient en prolongement d’une vie quotidienne déjà bien semblable, avec un même organisme bancaire pour les villes et les communes, un même outil industriel de politique énergétique, un même espace audiovisuel, des enseignes commerciales aux mêmes couleurs… Nous savons que la construction européenne se poursuivra avec un rôle renouvelé et renforcé des grandes nations. Les grands pays fixeront la place de l’Europe dans la mondialisation. J’ai la conviction que la Belgique française doit anticiper son avenir, celui de ses jeunes générations, en association avec la France. Je souhaite ardemment que la Belgique française aille au bout de sa logique. Il serait bien que la France nous reste attentive et que la Belgique française prenne la voie la plus directe en évitant les chemins sans issue. Et à l’intelligence populaire de faire les choix. Par voie référendaire.

Premières vacances depuis bien longtemps

août 4th, 2008

Par Nicolas Dupont-Aignan,
Enfin quelques jours de vacances… La fréquence de ces blogs sera un peu allégée, ne m’en voulez-pas. Il faut bien laisser reposer son esprit ! Dernière anecdote : en arrivant en Italie, je vais acheter deux paninis dans une épicerie et je commence à discuter avec la patronne. Au bout de quelques instants, elle me dit qu’elle n’a jamais aussi mal travaillé. Les touristes partent davantage aux Etats-Unis qu’en Europe et depuis qu’il y a l’Euro, les Italiens sont malheureux. Je ne l’ai malheureusement pas inventé…

Il est vrai que les hôtels sont à moitié vides et que l’économie Italienne n’a jamais autant souffert de la surévaluation de l’Euro. Si notre toujours plus cher Monsieur Trichet, président de la Banque centrale européenne, sortait de ses palaces dorés, ne serait-ce qu’une journée, pour rencontrer les Français, les Italiens, les Espagnols… il comprendrait peut-être mieux à quel point son Euro cher ressemble aux saignées du bon Docteur Diafoirus de Molière. Le mal qui touche les Européens, quant à lui, est bien loin d’être imaginaire… Bonnes vacances à tous et à très bientôt.

Affaire Tapie /Crédit Lyonnais : une nécessaire commission

juillet 29th, 2008

Par Nicolas Dupont-Aignan,
Dans les années 80, Bernard Tapie nous présentait l’émission « Ambitions » sur TF1, afin de réconcilier les Français avec le monde de l’entreprise et leur apprendre à être « des faiseurs de fric » par l’initiative, la prise de risque et l’investissement personnel…

22 ans après, ces beaux principes sont battus en brèche puisqu’il semble plus efficace d’entretenir un réseau de connaissances et de connivences au sommet afin d’accomplir cette ambition de fortune.

L’arbitrage qui vient d’être rendu mérite une commission d’enquête car il s’agit, ne l’oublions pas, de renflouer une fortune privée avec de l’argent public. Un « Etat en faillite », des « caisses vides »… sauf en ce qui concerne l’augmentation du pouvoir d’achat de M.Tapie. Les Français qui ne peuvent partir en vacances, faute de moyens suffisants, apprécieront.

L’ancien chanteur du tube « Réussir sa vie »[1] n’avait pas précisé à l’époque que c’était aux dépens des autres.

[1] les paroles de cette inoubliable chanson sont disponibles ICI

Quand les actionnaires se nourrissent de nos institutions locales

juillet 29th, 2008

« Le Monde », 17 juillet 2008 La crise du crédit est en train de s’étendre aux collectivités locales. Selon l’étude de l’agence de notation financière Fitch publiée mercredi 16 juillet, un quart des 105 milliards d’euros empruntés par les communes, départements et régions le sont dans le cadre de prêts complexes dont certains subissent, depuis 2007, une très forte hausse de leurs taux. Environ 20 à 25 milliards de prêts particulièrement risqués entraînent certaines communes dans « une fuite en avant ». (…)

Le mécanisme est souvent le même : le crédit est consenti dans un premier temps à un taux bonifié voire nul, donc extrêmement favorable, puis bascule vers un taux dit « dégradé ». Celui-ci est censé compenser les avantages de la première période, à un niveau inconnu à l’avance et fixé en fonction de critères variés : taux de l’argent, inflation ou différentiel d’inflation, taux de change entre deux ou trois monnaies, écart entre taux à court et long terme…

La première phase permet, bien sûr, des économies d’intérêts, bienvenues le temps d’un mandat électoral, repoussant à plus tard la vérité des coûts ou tablant sur une improbable baisse des taux. Mais c’est l’inverse qui s’est produit ! « Les banquiers présentent des simulations sur vingt ans, avec des hypothèses d’évolution de taux très favorables, et se gardant bien d’envisager un scénario pessimiste », raconte Jacques Descourtieux, directeur général de Finance Active. Ce prestataire qui met à la disposition de ses 1 500 collectivités locales abonnées des outils informatiques pour gérer leur dette dispose, ainsi, d’un observatoire privilégié de l’endettement local. « Dès 2005, nous alertions sur les dangers de ces produits et déconseillions de les souscrire », précise-t-il.

Ainsi, une communauté de communes rurales de 6 000 habitants a pu accumuler une dette de 74 millions d’euros et s’est vu proposer, par la banque Dexia, un emprunt de restructuration. Son taux est passé brutalement de 5,3 %, les premières années à 8,68 % en 2008, doublant ses frais financiers. « Le piège, c’est qu’une fois la période du taux bonifié passée, l’emprunteur ne peut se défaire de son prêt, sauf au prix d’indemnités exorbitantes ou à renégocier un prêt encore plus risqué. » (…)

Les hôpitaux et les organismes HLM ont, eux aussi, souscrit de tels prêts, avec les mêmes conséquences. Le 27 mars, le tribunal de commerce de Toulouse condamnait la Caisse d’épargne et Ixis à verser une provision de 600 000 euros de dommages et intérêts au bailleur social Patrimoine SA Languedocienne, pour compenser les pertes subies, et pointait le manquement du banquier à son obligation de mise en garde vis-à-vis d’un prêt jugé spéculatif. Les banques ont fait appel. La fragilisation des finances des collectivités locales n’en est qu’à ses débuts : « Peu de collectivités font banqueroute mais les budgets locaux sont de plus en plus tendus », explique David Diano, directeur du secteur des finances publiques internationales chez Fitch.

Isabelle Rey-Lefebvre